Festival de Cannes 1960
Festival International de San Francisco 1962
Festival du Film de Sydney 1961
« Dans chaque Américain, il y a un photographe…Si vous les rencontrez, ne vous étonnez pas de les voir courir le monde sans le regarder. Leur kodak est leur mémoire. »"In every American, there is a photographer… If you meet them, don't be surprised to see them roaming the world without looking at it. Their Kodak is their memory."
François Reichenbach traverse les États-Unis en promeneur curieux, amateur éclairé qui butine l'insolite et l'anecdotique pour mieux capturer l'air du temps. Entre 1957 et 1959, son voyage de San Francisco à New York n’est ni une enquête ni un reportage exhaustif, mais un carnet de curiosités où chaque séquence révèle une facette d’un pays en mutation.
L'Amérique des rodéos, des fêtes foraines, des drive-ins, des campus universitaires, des rues bondées de New York, des meetings de jumeaux et des solitudes du Midwest défile devant sa caméra avec la légèreté d’une balade et la précision d’un entomologiste.François Reichenbach crosses the United States as a curious wanderer, an enlightened amateur who gathers the unusual and the anecdotal to better capture the spirit of the times. Between 1957 and 1959, his journey from San Francisco to New York is neither an investigation nor an exhaustive report, but a notebook of curiosities where each sequence reveals a facet of a country in transformation.
The America of rodeos, fairgrounds, drive-ins, university campuses, crowded New York streets, twin conventions and Midwest solitudes unfolds before his camera with the lightness of a stroll and the precision of an entomologist.
Reichenbach ne cherche pas l’essence d’une nation ; il collectionne ses signes, ses gestes, ses rituels. À travers son regard, l’Amérique des années 50 oscille entre modernité triomphante et mythes fondateurs. Ici, une poule joue aux quilles, là, des teenagers soufflent d’énormes bulles de chewing-gum avant qu’elles n’éclatent sur leurs joues, plus loin, un cheval plonge sous les yeux amusés des spectateurs. Une séance photo s’éternise, tandis que des enfants engloutissent d’énormes glaces, leurs visages ravis en disant autant sur l’époque qu’un discours politique.
Mais derrière l’amusement et l’ironie affleure une intuition plus profonde : et si ce mode de vie, avec ses excès et ses séductions, était celui qui attendait l’Europe vingt ans plus tard ?Reichenbach does not seek the essence of a nation; he collects its signs, gestures, and rituals. Through his gaze, 1950s America oscillates between triumphant modernity and founding myths. Here, a chicken plays bowling; there, teenagers blow enormous chewing gum bubbles before they burst on their cheeks; further on, a horse dives to the amused eyes of spectators. A photo session drags on, while children devour enormous ice creams, their delighted faces saying as much about the era as a political speech.
But behind the amusement and irony, a deeper intuition emerges: what if this way of life, with its excesses and seductions, was the one awaiting Europe twenty years later?
Ni portrait idyllique ni critique à charge, L’Amérique insolite est une errance libre où chaque détour esquisse autant l’Amérique que le cinéaste lui-même. Un bric-à-brac fascinant, à la fois burlesque et troublant, qui ne cherche pas à expliquer mais à capter, avant qu’il ne soit trop tard, l’étrangeté familière d’un monde en train de naître.
Ce film, introduit par une lettre signée de Cocteau et sublimé par la musique de Michel Legrand, révèle toute la virtuosité de Reichenbach. Chaque plan est une trouvaille, d’une modernité étonnante, un jeu de cadrages et de lumières qui renouvelle le genre. Et que dire du dernier plan, d’une inventivité saisissante… À vous de le découvrir.Neither an idyllic portrait nor a damning critique, America as Seen by a Frenchman is a free wandering where each detour sketches as much the America as the filmmaker himself. A fascinating hodgepodge, at once burlesque and unsettling, which does not seek to explain but to capture, before it is too late, the familiar strangeness of a world being born.
This film, introduced by a letter signed by Cocteau and elevated by Michel Legrand's music, reveals all of Reichenbach's virtuosity. Each shot is a find, of astonishing modernity, a play of framings and light that renews the genre. And what to say of the last shot, of striking inventiveness… You'll have to discover it for yourself.
L'Amérique insolite / / America as seen by a FrenchmanAmerica as Seen by a Frenchman / L'Amérique insolite
- Autres titres : « L'Amérique vue par un Français », « America Seen by a Frenchman »Other titles: « L'Amérique vue par un Français », « America Seen by a Frenchman »
- Réalisation : François ReichenbachDirection: François Reichenbach
- Scénario : François Reichenbach, Chris MarkerScreenplay: François Reichenbach, Chris Marker
- Production : Pierre BraunbergerProduction: Pierre Braunberger
- Musique originale : Michel LegrandOriginal music: Michel Legrand
- Assistant-réalisateur : Bill FloresAssistant director: Bill Flores
- Directeur de production : Roger FleytouxProduction manager: Roger Fleytoux
- Prises de vue : Marcel Grignon, François Reichenbach et Jean-Marc RipertCinematography: Marcel Grignon, François Reichenbach and Jean-Marc Ripert
- Montage : Albert Jurgenson, Claudine Merlin et Eva ZoraEditing: Albert Jurgenson, Claudine Merlin and Eva Zora
- Son : Pierre Fatosme et Jean NénySound: Pierre Fatosme and Jean Nény
- Acteur : June Richmond (The Zulu-Song) dans son propre rôleActor: June Richmond (The Zulu-Song) as herself
- Société de production : Les Films de la PléiadeProduction company: Les Films de la Pléiade
- Genre : DocumentaireGenre: Documentary
- Durée : 86 minutesRunning time: 86 minutes
- Date de sortie : France - 8 juin 1960Release date: France - June 8, 1960
Tags: Long-metrage Amérique 1960