« Les machines sont vivantes, elles ont des appétits insatiables, dans leur soif elles cherchent du pétrole car il n'y a pas d'eau dans le désert »« The machines are alive, they have insatiable appetites, in their thirst they seek oil since there is no water in the desert »
À travers une fresque visuelle saisissante des paysages américains, le film mêle une réflexion poignante sur le déracinement et la transformation d'un monde. Il est porté par la voix off d'un Indien racontant la légende du serpent, ponctuée par la musique de Michel Legrand et des images presque surréalistes.Through a striking visual fresco of American landscapes, the film blends a poignant reflection on uprooting and the transformation of a world. It is carried by the voice-over of an Indian recounting the legend of the serpent, punctuated by Michel Legrand's music and almost surrealistic images.
À l'aube, les vapeurs des geysers s'élèvent vers le ciel, telles des signaux indiens. Dans un clair-obscur saisissant, l'horizon flamboie ; sous l'œil de Reichenbach, chaque paysage devient un tableau vivant. Le jour se lève enfin : la lumière perce un ciel foudroyé et révèle la terre rouge des peuples autochtones.At dawn, geyser vapours rise toward the sky like Indian signals. In a striking chiaroscuro, the horizon blazes; under Reichenbach's eye, every landscape becomes a living painting. The day finally rises: light pierces a storm-struck sky and reveals the red earth of the indigenous peoples.
Sur ce décor ancestral surgissent alors, telles des envahisseuses, d'imposantes pelleteuses. "Une nouvelle race est arrivée, des hommes qui ne savent pas vivre sans leurs machines." Elles creusent, éventrent la terre, redessinent le paysage à leur mesure. Les machines lacèrent l'horizon. Dans un ciel mauve, elles apparaissent telles d'immenses araignées. Plus loin, une montagne de ferraille s'élève : une gigantesque casse où les machines s'abîment, où leurs carcasses s'amoncellent en un cimetière d'éléphants… Ainsi, l'homme blanc impose son empreinte, effaçant peu à peu celle des premiers habitants.Against this ancestral backdrop then surge, like invaders, massive excavators. "A new race has arrived, men who cannot live without their machines." They dig, disembowel the earth, reshape the landscape to their measure. The machines lacerate the horizon. In a mauve sky, they appear like enormous spiders. Further on, a mountain of scrap metal rises: a gigantic scrapyard where machines deteriorate, their carcasses piling up in an elephant graveyard… Thus, the white man imposes his imprint, gradually erasing that of the first inhabitants.
L'Amérique lunaire
- Réalisation : François Reichenbach
- Scénario : François Reichenbach avec la collaboration de Jonathan Bates
- Production : Les films de La Pléiade
- Producteur délégué : Pierre Braunberger
- Musique originale : Michel Legrand
- Directeur de production : Roger Fleytoux
- Image : François Reichenbach
- Assisté de : Bernard Meusnier et Bill Florès
- Montage : Jonathan Bates
- Production déléguée : Les Films de la Pléiade
- Exportation / Vente internationale : Les Films du Jeudi
- Genre : Documentaire
- Durée : 8 minutes
- Date de sortie : 1963
Tags: Documentaire Route 66 Amérindiens Paysage Industrialisation Nature