« Après la corrida, j'ai vu des enfants boire le sang frais d'un taureau mort. Avec quelles puissances voulaient-ils communiquer ? Quelles forces occultes voulaient-ils canaliser ? »« After the bullfight, I saw children drinking the fresh blood of a dead bull. With what powers did they want to communicate? What occult forces did they want to channel? »
Aurora raconte l'histoire d'une utopie brisée sur les terres d'un passé glorieux. En 1518, Hernán Cortés et ses hommes découvraient avec émerveillement la plaine de Texcoco et son lac immense, aussi vaste qu'une mer. Aujourd'hui, sur ce fond partiellement asséché, à seulement quinze kilomètres de Mexico, s'étend Aurora, un lotissement promis comme un havre moderne.Aurora tells the story of a utopia shattered on the lands of a glorious past. In 1518, Hernán Cortés and his men discovered with wonder the plain of Texcoco and its immense lake, as vast as a sea. Today, on this partially drained floor, just fifteen kilometres from Mexico City, stretches Aurora, a housing development promised as a modern haven.
« Aurora ! Soyez propriétaires de votre lot ! » clame la publicité. Six écoles, une église, un centre sportif, une clinique, des marchés… Mais derrière ces promesses, le film dévoile un tout autre décor : un vaste terrain de terre battue, quelques maisons en construction et un quartier de l'Espérance qui ressemble davantage à un ghetto. L'ironie est mordante : là où l'on promettait des pompes funèbres, François Reichenbach capture des enfants traînant au bout d'une corde un animal mort.«Aurora! Be the owner of your plot!» the advertising proclaims. Six schools, a church, a sports centre, a clinic, markets… But behind these promises, the film reveals an entirely different picture: a vast expanse of bare earth, a few houses under construction, and a Hope district that looks more like a ghetto. The irony is cutting: where funeral parlours were promised, François Reichenbach captures children dragging a dead animal on a rope.
Dans ce no man's land où la pauvreté domine, les week-ends offrent un étrange contraste. Corrida, lucha libre : les corps exultent tandis que des artistes viennent animer ces terres désolées, et sur ce sol aride, une femme en bikini se trémousse sous les yeux des habitants. Entre espoirs trahis et survie au quotidien, Aurora dévoile les espoirs et les injustices d'une population laissée pour compte.In this no man's land where poverty dominates, weekends offer a strange contrast. Bullfighting, lucha libre: bodies exult while artists come to animate these desolate lands, and on this arid soil, a woman in a bikini gyrates before the eyes of the inhabitants. Between betrayed hopes and daily survival, Aurora reveals the hopes and injustices of a population left behind.
Aurora
- Support d'origine : 35 mm, noir et blanc
- Réalisation : François Reichenbach
- Auteur du commentaire : François Reichenbach
- Narrateur : Pierre Bertaux
- Production : Les Films de La Pléiade
- Producteur délégué : Pierre Braunberger
- Prises de vue : François Reichenbach
- Production déléguée : Les Films de la Pléiade
- Exportation / Vente internationale : Les Films du Jeudi
- Genre : Documentaire
- Durée : 19 minutes
- Date de sortie : 1966
Tags: Documentaire Mexique Société Urbanisme Pauvreté Culture